Comme vous le savez, nous sommes ici sous le tropique (du Cancer).
L’effet le plus connu de cette tropicalité est que le soleil dépasse parfois le zénith, et peut taper sur les fenêtres coté nord du CIST - quoique bientôt ça n’arrivera plus, grâce à l’empilement de compartiments chinois que nos meilleurs amis et voisins de la société Sorla y construisent.
Mais il y a d’autres effets moins connus de la tropicalité, notamment sur les écoulements liquides. Tellement moins connus que la foultitude de missions occidentales destinées à réhabiliter les réseaux de drainage n’ont pas jusqu’ici été couronnées d’un franc succès (j’avoue avoir pris naguère part à ces efforts).
Voici donc deux règles d’écoulement tropicales qu’on nous enjoint de prendre en compte dorénavant:
1/ un tuyau bouché coule plus vite si c’est un gros tuyau.
Enfin ça devrait, parce que dans ma rue ça n’a pas marché: on a refait à grands frais un égoût impeccable tout le long de la rue, mais comme c’est bouché en aval, on patauge toujours autant lors des fortes pluies.
2/ quand il n’y a pas d’autre moyen, l’eau remonte pour rejoindre l’égoût.
C’est ce dont les voisins du CIST essaient de nous convaincre. Leur rue étant en contrebas de notre terrain - et de l’égoût, qui évacue l’eau du CIST dans une autre direction - ils essaient tout de même de nous persuader de faire un raccord qui permettrait à l’eau qui inonde la rue de remonter toute seule vers notre égoût.
Après tout, Newton n’avait expérimenté qu’avec des pommes, la gravité c’est peut-être un peu différent pour les liquides, non? Sinon la pluie elle vient d’où, hein?
Quant à Archimède… avec sa baignoire, il n’a jamais pu faire que des études à l’échelle microscopique. Il aurait fallu qu’il puisse venir ici quand il pleut, pour voir le nombre de motos, voitures, bus, et autre corps qu’on arrive à immerger dans un liquide d’un seul coup.