Archive for December, 2006

And the winner is… 1. Les djeunes.

Tuesday, December 26th, 2006

On peut aussi tenter de les classer:

- Les “bons gars”, qui bossent leurs cours, écoutent et interviennent en classe et comprennent assez rapidement.

- Les “bad guys” qui piratent les ordinateurs, mettent en péril le réseau interne et font passer des nuits blanches à notre IT staff… Comment les repérer? C’est souvent les mêmes que les “bons gars”, mais quand vous avez le dos tourné. Morceaux choisis:
“Euh… J’étais sur un site Internet… J’ai cliqué sur un lien et après, j’ai eu les droits Administrateurs sur l’ordi…”

“Euh… Ben oui, c’est Fifa Méga-Soccer Challenge, mais je croyais que c’était un logiciel de bureautique…”

“Ah bon? Je n’avais pas le droit de prendre un ordinateur de la salle principale pour m’en servir? Ah ben je savais pas…”

“Euh… Un jour j’ai allumé mon ordinateur, et il a installé automatiquement tous les jeux…” Ben tiens, si ça se trouve, c’était un coup de l’électricien ou des ferrailleurs…

- Les malchanceux, qui ont un accident de vélo, des maux de tête carabinés à 5h du mat ou un cousin malade et s’en vont pendant 3 jours sans laisser aucun message

- Les stressés, qui pensent qu’ils vont être exclus de nos programmes parce qu’ils sont arrivés en cours avec une tache de dentifrice sur leur chemise, ou parce qu’ils ne sont pas bilingues Anglais au bout de 3 mois de formation.

- Les attachants… Ben tous, en fait…

Plus de nouvelles en images à l’avenir… Excellentes fêtes à tous en attendant!

2. Le staff

Monday, December 25th, 2006

Il y a vraiment plusieurs catégories:

- Les bons, ceux qui aiment ce qu’ils font, qui innovent et n’hésitent pas à organiser des séances de rattrappage pour les élèves en difficulté

- Les autres, ceux qui démissionnent au bout d’un mois parce que leur mère leur a dit que Prof, c’est pas un métier, qui vous ramènent des factures de téléphone de $80 en 2 semaines, ou qui, le jour de la rentrée, sortent des listes de 3 classes à 24 noms, et 68 photos d’étudiants pour le trombi alors que tout le monde sait qu’il y a 70 nouveaux élèves. Le plus rigolo, c’est quand on s’aperçoit qu’ils n’ont pas pensé à indiquer quelle photo correspondait à qui. “T’as pas dit qu’il fallait noter les noms!”

La dernière en date? C’est du bon, c’est de ce matin: “I have just talked with you about the part-time teaching in the morning for three weeks. I’ve just wanted to let you know that this is my own agreement. I am going to talked this with my parents this afternoon then I am going to let you know the detail this evening whether my family allows me to do as what I have just talked with you or not.”

Le prof en question ne sera jamais revenu, en nous laissant 2h de préavis… En vous r’merciant…

- Les gardes, une catégorie à part. Ceux qui sont saoûls pendant les heures de service “sans avoir bu une goutte d’alcool”. D’autres ne peuvent pas venir parce que leur femme va accoucher, alors qu’elle n’était pas enceinte. Et à certains, il faut ré-expliquer pourquoi il ne faut pas dormir pendant le boulot (c’est souvent ceux qu’on a trouvés saoûls). A force de recevoir leurs visites, ils deviennent très copain avec l’électricien (voir point 2.).

- Les champions, ceux qui n’ont pas passé les tests de sélection. Ils sont hors-catégorie: “Pourquoi je postule à une ONG? Ben parce qu’on n’a pas à travailler autant que dans le privé.”

“Non, j’aime pas enseigner. Mais j’apprends très vite.”

“Si je trouve une de vos factures perso dans le tas? Ben si vous me dîtes de la rentrer quand même dans la compta, je le fais.”

“Des fausses factures? Oui, je sais ce que c’est: mon patron m’a appris à en faire dans mon entreprise actuelle.”

“Non. 3 x 75 = 350. J’en suis sûr. J’étais dans le top 10% de ma promo.”

On a pour objectif de Khmériser l’équipe, mais c’est vraiment pas facile…

Suite et fin: les djeunes!

3. Le Systeme Bancaire.

Tuesday, December 19th, 2006

- Cash. Les transferts bancaires étant quasi-inexistants, et le chèque mettant du temps à se faire une place, beaucoup de transactions se règlent mano a mano. On peut comme ça se retrouver à régler l’achat d’un terrain (de l’ordre de $100,000) pour la construction d’un centre en cash.

“Ce serait mieux que vous m’apportiez la somme totale chez moi. C’est une petite rue tranquille et isolée. On sera au calme. Venez seul.
- Euh…”

- Billets. Dès qu’ils sont légérement déchirés, plus personne ne les accepte. ca fait sourire la première fois, mais ça finit toujours par agacer. Heureusement, ça vous permet de trouver une solution à votre achat de terrain, hé hé:

“… Ecoutez, moi, je veux bien vous apporter la somme. Par contre, si vous pensez qu’il y a un seul faux billet dans le tas, on refuse de retourner à la banque le changer. Donc autant se retrouver là-bas pour la transaction, non?…”

Les proprios en repartent alors tout penauds, a près avoir examiné minutieusement chaque coupure pendant une heure, les poches, le sac a main remplis de liasses de billets de $100. On espère que ça va l’expérience va les inciter à ouvrir un compte en banque, mais rien n’est moins sûr.

Parce que, hein, vous avez beau leur expliquer qu’on n’arrête pas le progrès et qu’ils pourront un jour faire des transferts par la magie d’Internet, eux, ils ont un voisin ferrailleur (voir point 5.), et ils vous rigolent bien au nez.

C’est pas gagné…

Coming soon: Le staff

4. Transports et livraisons.

Monday, December 18th, 2006

- Colissimo. On peut quelque fois s’apercevoir que la Poste l’a oublié dans un coin. Un mois après votre anniversaire, vous allez donc retirer le paquet que les copains de France vous ont envoyé affectueusement. En général, les employés de la Poste se le sont rappellés parce qu’il contenait 2 kg de fromages et qu’ils ont trouvé une femme de ménage évanouie juste à côté. (bon, j’avoue, peut-être que là-dessus, j’exagère un peu).

- Ponctualité. C’est lié en général au week-end prolongé auquel vous avez renoncé exprès pour pouvoir être là pour réceptionner les 25 ordinateurs HP de Singapour. Le responsable de la boîte de transport vous appelle un peu avant midi pour vous dire que finalement, ça peut bien attendre lundi. Mais c’est pas si grave, car à cause de vos amis ferrailleurs (voir point 5.), ils n’auraient pas pu être connectés à Internet, de toutes façons.

- Taxes. L’une des rares choses sur lesquelles les autorités sont hyper-strictes et ne fermeront pas les yeux. Comme votre ONG n’est pas enregistrée sous la bonne catégorie, vous acceptez à contre-coeur de payer la surtaxe de 20% sur les ordinateurs dont vous pourriez normalement être exemptés si les autorités n’avaient pas mis autant de temps à signer votre Protocole d’Accord. Du coup, comme vous acceptez de payer la surtaxe, on considère cela comme un aveu d’illégitimité par rapport aux conventions supplémentaires que vous essayez de faire signer depuis 6 mois et on vous menace de vous infliger une amende supplémentaire de 10 à 15%.

Si quelqu’un y comprend quelque chose, on est toujours preneurs…

Prochaine migraine: Le système bancaire

5. Internet. Ils nous ont fait aimer l’an 2006.

Friday, December 15th, 2006

- Météo. Oui, c’est rigolo, mais le fonctionnement d’Internet ici dépend du temps qu’il fait. Dans 50% des cas, quand il pleut, Internet ne marche plus. N’allez pas voir l’éléctricien. Pour une fois, c’est pas de sa faute. A $250 par mois la pauvre liaison 128k (a peu près 10 fois plus cher qu’en France), ça fait un peu cher la goutte d’eau.

- Service après-vente. En général, ils viennent à 3. Un ingénieur et deux assistants. Et ils repartent en disant que c’est certainement de votre faute si Internet ne marche pas. C’est bizarre quand même parce que la liaison téléphone non plus ne répond pas. C’est en général à ce moment-là que l’on pense aux ferrailleurs. (voir point suivant).

- Ferrailleurs. Ah ben oui, ça dépend aussi des ferrailleurs, le fonctionnement des Télécoms, au Cambodge. Pourquoi? Eh bien parce que quand ils creusent le sol pour y déterrer les câbles, les arracher et les revendre au mètre, ben forcément, ça marche moins bien et ça peut durer plusieurs jours…

- Blog. Le problème quand on fait un blog tel que celui que vous avez sous les yeux, c’est que l’on peut se faire spammer. Et donc dans ce cas-là, le fournisseur d’accès Internet bloque 50% de vos accès sans prévenir. Et comme on peut accéder aux 50% restants, on ne peut pas accuser les ferrailleurs. Donc c’est forcément de notre faute! Ha! Haaaaaaa!

- Coupures. C’est des toutes petites petites petites coupures de la liaison Internet. Mais quand vous avez choisi un prestataire de mails qui vous oblige à tout télécharger d’un seul coup, ben à chaque fois qu’il y a une micro-coupure, il faut re-télécharger pour la 3e fois les 10 MB de mails depuis le début avec la pauvre liaison décrite plus eau, pardon, plus haut. Avantage: vous pouvez en profiter, en attendant, pour aller taper la discute avec l’électricien qui en est à son 10e essai de répartition.

Prochainement: transports & livraisons

6. L’électricité. De la Fée du même nom.

Thursday, December 14th, 2006

Ici, c’est synonyme de:

- Pannes. En saison sèche notamment où on peut se retrouver avec des coupures de 3-4h une fois par jour. Pratique pour une école d’informatique

- Générateur. Le chef de projet se décide finalement à en louer un, SDMO, avec silencieux pour $200 par mois, prix négocié pour une durée de 6 mois. C’est évidemment deux jours après qu’on l’ait installé que les coupures cessent, comme par magie.

- Sous-capacité. Il faut donc installer une deuxième ligne électrique, ce qui n’est pas possible car une maison n’y a droit qu’à une seule. Dans ce cas, on enregistre la maison sous deux numéros (voir post du 3 juin).

- Electricien. C’est le type qui fait le raccordement des deux lignes sans vérifier comment répartir le courant entre les différents étages. On se retrouve donc avec 50% de la capacité sur un bureau où il y a 6 ordinateurs et les 50% restants sur l’étage ou en a plus de 80, sans compter les serveurs. Pour savoir s’il s’est planté, on attend. Si le disjoncteur grille, c’est que la répartition était incorrecte.

Prochain épisode: Internet

Le Top 7 du CIST

Wednesday, December 13th, 2006

A l’heure où la fin de l’année approche, il est temps de faire un top 7 des détails sans importance qui font du CIST un projet encore plus riche en challenges:

7. L’eau. Notre amie, synonyme de vie, de propreté, de calme… L’eau peut aussi:

- Provoquer des maladies. Comme quand un gardien déplace légèrement par mégarde les filtres du système d’assainissement. Ca donne 10 élèves qui ont la tourista le lendemain.

- Arriver jusqu’aux genoux. Notamment grâce aux travaux et au remblayage que le voisin d’en face a fait sur son terrain. Sa maison est surélevée et bien au sec pendant que l’eau coule paisiblement vers notre centre. Ca donne lieu à des scènes assez drôles, notamment quand on commence à entasser des sacs de sable devant nos portes.

- Provoquer des retards. Essayez de faire de la mobylette avec 60 cm d’eau en saison des pluies et on en reparlera.

- Vous isoler du monde. (voir point numéro 5.)

A suivre…